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Il existe deux avis au public différents annonçant la disponibilité des timbres poste, l'un est signé par Etienne ARAGO, Directeur Général de l'administration des postes en 1848, l'autre avis est reproduit ci-dessous : Avis au public Taxe des Lettres Le public est prévenu qu’à dater du 1er janvier 1849, la taxe des lettres établie d’après la distance parcourue est supprimée et remplacée par une taxe fixe et uniformes de 20 centimes pour toute lettre circulant à l’intérieur, dont le poids n’excédera pas 7 grammes et demi et quelle que soit la distance à parcourir dans toute l’étendue de la France, de la Corse et de l’Algérie. Au dessus du poids de 7 grammes et demi et jusqu’à 15 grammes, les lettres seront taxées à 40 centimes, au dessus de 15 grammes et jusqu’à 100 grammes, la taxe est invariablement fixée à un franc. Les lettres ou paquets dont le poids dépassera 100 grammes supporteront un supplément de taxe de un franc pour chaque 100 grammes ou fractions de 100 grammes excédant. Le décime de voie de mer, qui est appliqué aujourd’hui aux lettres de la France pour la Corse et l’Algérie, est supprimé. La taxe de ces lettres sera la même que celle des lettres circulant dans l’intérieur de la France. La taxe des lettres adressées aux sous-officiers, soldats et marins, présents sous les drapeaux et pavillons, se trouve naturellement réduite de 25 centimes à 20 centimes. Ces lettres rentrent dans le droit commun. Il n’est rien changé aux taxes actuelles des lettres d’une ville pour la même ville ou d’une commune pour la même commune. Les lettres recommandées ou chargées seront soumises au double-port, c'est-à-dire 40 centimes par lettre simple pour toute la France. Elles devront être affranchies d’avance. Le public reste libre d’affranchir ou de ne pas affranchir ses lettres ordinaires ; cependant, pour faciliter l’usage de l’affranchissement et pour éviter aux citoyens les déplacements auxquels le mode actuel de l’affranchissement les oblige, l’Administration fera vendre, au prix de 20 centimes, de 40 centimes et d’un franc, des timbres ou cachets dont l’apposition sur une lettre suffira pour en opérer l’affranchissement dans toute l’étendue de la République. Chaque citoyen pourra ainsi, au moyen de ces timbres-cachets, affranchir ses lettres sans être obligé d’en acquitter le port en argent dans les bureaux de poste. Ces timbres consistent dans une petite estampe représentant une tête de la Liberté, imprimée en encre rouge, bleue ou noire, sur un papier dont le revers est enduit d’une légère couche de gomme. Le prix de chaque timbre se distingue par la couleur de l’encre. Pour affranchir une lettre, il suffira donc l’humecter le côté du timbre qui est enduit de gomme, et de l’appliquer sur l’adresse de la lettre, que l’on peut ensuite jeter à la boite en toute confiance et sans autre formalité. Si l’envoyeur place sur sa lettre le timbre représentant une taxe moindre que celle que comporte le poids de la lettre, l’Administration appliquera à la lettre mal affranchie un supplément de taxe qui devra être acquitté en argent par le destinataire. Les lettres pesant plus de 100 grammes s’affranchissent également au moyen des timbres, en appliquant autant de timbres (taxe de un franc) que la lettre contient de poids de 100 grammes ou fractions de 100 grammes. Les lettres chargées ou recommandées devront toujours être présentées aux bureaux de poste pour y être soumises aux diverses formalités que leur mode d’expédition comporte. L’affranchissement de ces lettres sera fait au bureau par l’agent des postes qui les recevra, et qui appliquera lui-même les timbres destinés à en opérer l’affranchissement. La vente des timbres aura lieu dans tous les bureaux de poste de France, de la Corse et de l’Algérie, par le moyen des agents des postes de tous grades, et seulement par les agents des postes. Les facteurs chargés de la distribution des lettres devront être pourvus d’un certain nombre de timbres d’affranchissement des trois couleurs, afin que tous les citoyens, tant dans les villes que dans les communes rurales, puissent partout et à tout moment s’en procurer facilement et sans frais supplémentaires d’aucune espèce. Les timbres d’affranchissement seront vendus au public, soit dans les bureaux de poste, soit par les facteurs en tournée, au prix nominal des taxes qu’ils représentent, c'est-à-dire 20 centimes, 40 centimes et un franc. L’état prend à sa charge tous les frais de fabrication, de transport et de distribution. |